La Fondation de Recherche sur l'Hypertension Artérielle
 
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Lettre n°6 juin 2011

Lettre n°6 juin 2011

Editorial


Encourager la recherche sur la relation entre nutrition et hypertension artérielle


Patrick Cahuzac


Patrick Cahuzac
Trésorier de la FRHTA et
directeur général St Hubert

Créée au début du siècle dernier en Lorraine, la société St Hubert a fait évoluer son activité laitière d’origine pour devenir le numéro 2 des matières grasses allégées en France. Aujourd’hui, dix-huit millions de Français font quotidiennement confiance à nos produits.
La nutrition est dans les gènes de St Hubert. En effet, nous avons été pionniers des matières grasses allégées avec la création de St Hubert 41 dans les années 1980, puis sur la prévention cardio - vasculaire avec St Hubert Oméga 3 dès 2002, les matières grasses garanties sans allergènes avec Pur’Végétal en 2006... Notre volonté est d’offrir à nos consommateurs des produits bons et sains pour contribuer à un bon équilibre nutritionnel, notamment en favorisant un meilleur équilibre entre les acides gras essentiels, oméga 3 et oméga 6. En 2008, nous avons ainsi été la première entreprise signataire d’une charte d’engagement de progrès nutritionnel dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS).

Plus globalement, comme en témoigne notre dernière innovation St Hubert BIO, nous inscrivons nos activités dans une démarche de développement durable. Nous favorisons les procédés plus respectueux de l’environnement, le développement de filière d’huile de colza biologique, l’emploi local, tout en maintenant un haut niveau d’exigence sur la qualité nutritionnelle et organoleptique de nos produits.

Conscient de l’importance de l’alimentation pour une bonne santé, nous constatons qu’en France, l’hypertension artérielle (HTA) touche plus de dix millions de personnes et deux tiers des sujets âgés de plus de 60 ans sont hypertendus. Cette maladie est reconnue comme un facteur de risque majeur dans de nombreuses pathologies, notamment les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux, l’insuffisance cardiaque et rénale. Les pouvoirs publics ont ainsi intégré l’HTA dans plusieurs programmes nationaux visant à prévenir les maladies cardiovasculaires. La survenue des pathologies cardiovasculaires et la nutrition étant liées, le PNNS, dès 2001, a fixé parmi ses objectifs celui de « réduire de 2-3 mmHg la pression artérielle systolique chez les adultes », soit une diminution de la prévalence globale de l’HTA.

Il est donc nécessaire de promouvoir la recherche sur l’HTA, c’est tout naturellement que, depuis 2005, St Hubert s’inscrit comme membre fondateur dans la Fondation pour la recherche sur l’hypertension artérielle. Notre soutien est à la fois financier et scientifique, nous participons ainsi au conseil scientifique et, plus récemment, au groupe de travail « Nutrition et HTA » afin de proposer au conseil des projets et actions spécifiques en lien avec la nutrition.

L’excellent travail réalisé par la Fondation a permis entre autres la création d’une large cohorte française sur l’HTA: le programme SOPHY (suivi observationnel de populations et hypertension) qui s’appuie sur l’infrastructure épidémiologique de la cohorte CONSTANCES. L’objectif de ce projet est de mieux cerner l’incidence de l’hypertension, ses causes, ses facteurs de risque et les interactions entre ses déterminants... Nous suivons avec attention les avancées de ce programme.

Ses résultats vont permettre d’améliorer les connaissances scientifiques et donc la prévention de l’hypertension et de ses maladies associées. Nous sommes fiers et heureux de contribuer ainsi à l’avancée de la recherche sur l’hypertension et sommes persuadés que ce partenariat favorisera l’émergence de convictions fortes en matière de nutrition et d’équilibre alimentaire pour une meilleure prévention de l’hypertension.


Parole d’expert


Hypertension artérielle et risque cardiovasculaire en Afrique subsaharienne


Les données préoccupantes de l’étude VITARRA

L’hypertension artérielle passe pour frapper essentiellement les pays riches. Hélas, ce n’est plus vrai, car tous les pays émergents sont désormais touchés ! Focus sur l’Afrique subsaharienne.

Afrique subsaharienne


Le risque cardiovasculaire des habitants de l’Afrique augmente. Qu’en est-il, comment explique-t-on ce constat ?

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique Subsaharienne fait actuellement face à une escalade entre les maladies infectieuses et l’épidémie des maladies cardiovasculaires (MCV). Les MCV causeraient chaque année plusd’un million de décès en Afrique Subsaharienne, dont plus de la moitié imputable à l’hypertension artérielle (HTA) et ses complications (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale).

Cette explosion s’explique essentiellement par la mondialisation et l’urbanisation avec pour corollaire le changement de mode de vie marqué par une sédentarité accrue, la consommation excessive de sel, d’hydrates de carbone, de graisses qu’aggravent le tabagisme galopant et divers stress de pauvreté, psychosocial et économique. À cela, il faut ajouter les cardiopathies rhumatismales endémiques, les cardiomyopathies induites par le VIH-SIDA.

L’étude VITARAA se penche sur la situation au Cameroun et en République démocratique du Congo.

Quels en sont ces enseignements ?

VITARAA révèle cette explosion inquiétante des facteurs de risque cardiovasculaire, d’amplitude comparable au Cameroun et en République démocratique du Congo (RDC). Les villes sont plus touchées que les campagnes, mais on note aussi une tendance à la hausse dans ces dernières.

C’est ainsi qu’au Cameroun la prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire était plus élevée à Douala (milieu urbain) qu’à Njombe (milieu rural) pour l’HTA, le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité, l’obésité abdominale et le tabagisme.

En revanche, la proportion de gens pratiquant régulièrement de l’exercice physique est faible et comparable avec un léger avantage pour les citadins camerounais.

La consommation de fruits et de légumes est plus importante en campagne. Fait surprenant, la consommation des légumes s’accompagne paradoxalement d’un risque d’hypertension de 30 % au Cameroun tandis que - comme attendu - celle des fruits protège contre l’HTA. En RDC, VITARAA révèle que la prévalence des facteurs de risque cardio - vasculaire est plus élevée en milieu urbain (Bukavu et Kinshasa) qu’en milieu rural (Chefferie de Kisaba, située à 55 km au Sud-Kivu) pour l’HTA, le diabète, le surpoids/obésité, l’obésité abdominale, l’alcoolisme et le tabagisme.

Comment ces risques se répartissent-ils dans les populations ?

Dans ces deux pays, les femmes sont globalement plus touchées que les hommes, sauf pour l’alcoolisme et le tabagisme dont les hommes restent les principales victimes. Les femmes sont particulièrement obèses et bougent très peu avec pour conséquence une haute prévalence d’HTA, de diabète et d’hypercholestérolémie, cela aussi bien en milieu urbain que rural. Fait marquant, ces risques sont déjà présents dans une proportion inquiétante chez les jeunes âgés de moins de 20 ans ; les filles tendant à être plus exposées que les garçons, notamment pour ce qui concerne l’obésité, l’inactivité physique, le tabagisme, l’hypercholestérolémie et l’alcoolisme.

Prévalence HTA 1


Vous avez mesuré la vitesse d’onde de pouls chez les Pygmées.

Pourquoi avoir choisi cette méthode et quels sont les résultats ?

La vitesse d’onde de pouls aortique (VOP) est un déterminant indépendant de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaire et globale, notamment au sein de la population caucasienne. Notre choix a également été motivé par ces preuves scientifiques et par la maniabilité de cet outil. Nous avons observé dans notre étude que le mode de vie chasseurs pêcheurs- cueilleurs des Pygmées vivant en forêt, les protégerait contre le risque d’artériosclérose, car ils conservent des artères très élastiques (illustrées par des VOP plus lentes et faibles), même avec le vieillissement en comparaison aux Pygmées contemporains et aux Bantous partageant le même environnement urbain et exposés à un mode de vie de type occidental. Ces résultats suggèrent que l’augmentation du risque d’athérosclérose chez les bantous résulterait beaucoup plus de l’influence des facteurs environnementaux que du vieillissement artériel dicté par la génétique. Toutefois, cette hypothèse devra être vérifiée par une étude couplant la mesure de la VOP au dosage des activités et la mesure de la taille des télomères.

En quoi, très concrètement la FRHTA a-t-elle soutenu votre travail ?

Le soutien de la FRHTA est déterminant pour cette étude également financée par l’Université Libre de Bruxelles et le Comité belge de lutte contre l’hypertension. Grâce au cofinancement de la FRHTA, nous avons pu compléter la récolte des données épidémiologiques. La phase pilote concernant l’étude de la rigidité artérielle et de façon globale du risque artériel chez les Pygmées et les patients vivants avec le VIH a été entièrement financé grâce à la bourse de la FRHTA. C’est pour nous un appui inestimable.

Prévalence HTA 2


Parole de sponsors


Novartis : 50 ans de recherche dans le domaine de l’HTA


Avec le lancement de plus de treize médicaments couvrant les grandes classes d’antihypertenseurs en cinquante ans, Novartis Pharma compte parmi les acteurs majeurs de la recherche et y consacre 20 % de son chiffre d’affaires.

Entretien avec Alain Francillon, directeur médical médecine générale, Novartis Pharma France.

Novartis accorde une place considérable à la lutte contre l’HTA. Pourquoi?

Alain Francillon (AF): La prise en charge de l’HTA constitue un enjeu majeur de santé publique. En France, le nombre de patients hypertendus est estimé à près 15 millions, dont 20 % ne seraient pas traités. Le contrôle tensionnel n’est obtenu que chez un patient traité sur deux. Au niveau mondial, les projections sont alarmantes: 1,56 milliard de patients en seraient atteints en 2025, soit 30 % de la population. La mission de Novartis est de répondre aux besoins thérapeutiques non satisfaits. Au-delà de la baisse des chiffres tensionnels, l’objectif est de réduire la mortalité et la morbidité cardiovasculaires, d’éviter ou de retarder l’évolution vers l’insuffisance rénale et probablement de diminuer le risque de démence chez les personnes âgées. L’enjeu est donc énorme.

Comment s’illustre l’engagement de Novartis dans ce domaine?

AF: Notre engagement remonte à plus de cinquante ans, preuve de la constance avec laquelle Novartis poursuit son effort de recherche: dans les années 1960, nous avons été parmi les pionniers des diurétiques avec deux diurétiques majeurs, dont l’hydrochlorothiazide qui est la molécule de référence dans les associations fixes. Dans les années 1970, nous avons été l’un des grands laboratoires impliqués dans le développement des bêtabloquants, avec quatre produits majeurs, puis des inhibiteurs calciques dans les années 1980 avant de nous consacrer à la recherche sur le système rénine-angiotensine dont le rôle dans l’HTA avait été mis en évidence par la recherche fondamentale. Novartis met alors à disposition un inhibiteur de l’enzyme de conversion, puis, à la fin des années 1990, un antagoniste de l’angiotensine II et plus récemment, le chef de file d’une nouvelle classe thérapeutique, un inhibiteur direct de la rénine.

Pour la plupart des patients, le contrôle de la pression artérielle nécessite l’association de plusieurs classes d’antihypertenseurs. Le médecin a donc besoin d’un éventail de médicaments lui permettant de personnaliser le traitement de chacun de ses patients. C’est tout l’objectif de notre engagement.

Mais pourquoi trois façons de bloquer le système rénine-angiotensine ?

AF: Dans certaines pathologies, notamment dans l’insuffisance rénale et l’insuffisance cardiaque, il est important de pouvoir agir simultanément pour mieux bloquer le système rénine-angiotensine. Cette synergie permet de diminuer la morbimortalité cardiaque et de retarder la survenue d’une insuffisance terminale.

Quelles sont les pistes d’avenir?

AF: Novartis continue d’explorer de nouvelles pistes, notamment dans l’insuffisance cardiaque chronique et l’insuffisance cardiaque aiguë avec, par exemple, la relaxine, hormone naturelle sécrétée lors de la grossesse qui dilate les artères. Novartis est toujours attaché à promouvoir la recherche clinique en France et à impliquer les équipes médicales dans les programmes de développement clinique.

Notre partenariat avec la FRHTA illustre notre engagement dans la lutte contre l’HTA, car c’est en alliant nos forces que la recherche avance.


Vie de la Fondation


Soutenez la recherche sur l’hypertension artérielle


La Fondation lance, avec le soutien de la SFHTA, une campagne d’affichage dans les centres d’excellence et principaux centres hospitalo-universitaires de consultation en hypertension.

Cette campagne d’affichage a pour objectifs de sensibiliser le grand-public sur les enjeux de la recherche et de collecter des dons pour financer des projets innovants portés par des équipes françaises.

Pour plus d’information ou pour participer à cette opération, contactez-nous.

 
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