La Fondation de Recherche sur l'Hypertension Artérielle
 
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Lettre n°1 novembre 2009

Lettre n°1 novembre 2009

Éditorial


Jean-Michel Mallion

Jean-Michel Mallion

Président

Chers Amis, il y a maintenant plus de deux ans, la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle reconnue d’utilité publique, s’inscrivait dans le monde de la recherche en hypertension artérielle. Les objectifs que nous nous étions fixés ont été atteints ; leurs résultats seront détaillés dans les lettres à venir, mais méritent d’ores et déjà d’être mis en exergue :

  • allocation de subventions à des projets de recherche sur des thèmes ciblés :
  • HTA secondaire, HTA et cerveau, HTA et nutrition, HTA et cœur, avec priorité donnée à des recherches multi disciplinaires et multicentriques ;
  • financement d’un registre national pour l’étude des dysplasies des artères rénales, une cause relativement fréquente d’hypertension artérielle d’origine rénovasculaire ;
  • collaboration avec l’InVS pour l’exploitation des données de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) ;
  • mise à disposition de la communauté scientifique, du secteur public ou industriel, d’une cohorte de 200000 adultes. Le programme SOPHY (Suivi Observationnel de Populations et HYpertension), issu de l’infrastructure épidémiologique de la cohorte CONSTANCES, est un ambitieux projet de recherche initié par l’Inserm et l’Assurance maladie et dirigé par le Pr Marcel Goldberg. Cet outil permettra de mieux cerner l’incidence de l’hypertension, ses causes, ses facteurs de risque, son évolution, les effets de traitements et plus globalement la prise en charge des patients hypertendus.

Forts de ces points d’ancrage, il nous faut maintenant tout mettre en œuvre pour que les fondateurs et partenaires que vous êtes soient beaucoup plus impliqués, associés, dans le choix, la conduite et la réalisation des actions menées : dynamiser les modalités d’échanges et de réflexions au sein des structures existantes, tels que le conseil scientifique et la cellule de communication, mais aussi mettre en place de nouveaux groupes de travail en charge de thématiques définies. Notre image doit être plus attractive. Nous devons tout mettre en œuvre pour obtenir les soutiens de nouveaux donateurs et nous ouvrir sur le grand public en agissant de concert avec le Comité de lutte contre l’hypertension artérielle et en restant le fer de lance de la Société française d’hypertension artérielle. Nous devons nous faire mieux connaître et ne pas hésiter à descendre dans l’arène avec pertinence et discerne ment à l’occasion de manifestations ciblées. Il est fonda mental que chacun de nous s’identifie aux actions de cette Fondation, s’en approprie l’image et bénéficie de ses succès.

Mon vœu le plus cher est que vous partagiez notre enthousiasme et que, fiers de ces premiers résultats, vous continuiez à nous accompagner et à nous soutenir.


Étude ENNS :


les premiers résultats de la collaboration avec l’InVS


De par sa richesse, l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) fait référence. Menée en collaboration avec l’InVS, elle offre les données les plus récentes sur l’HTA en France. Résumé en six images.

L’ENNS décrit la prévalence du traitement de l’HTA et son contrôle.
C’est une étude transversale conduite en France métropolitaine en 2006-2007.
Dans un centre de santé ou au domicile par une infirmière, trois mesures de la pression artérielle (PA) [Omron M5-1] ont été réalisées et la moyenne des deux dernières retenues pour chaque sujet. L’HTA a été définie par une PA supérieure ou égale à
140/90 mmHg et/ou la prise d’un anti - hypertenseur. L’HTA est traitée et contrôlée si la PA est inférieure à 140/90 mmHg avec la prise d’un antihypertenseur. Les analyses ont été pondérées et redressées.

Près du quart de la population française est hypertendue.

Dans la population des sujets âgés de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine, une PAS/PAD supérieure ou égale à 140/90 mmHg est mesurée chez 23 %. La prise d’un médicament antihypertenseur concerne 15,6 % des sujets. L’HTA traitée augmente avec l’âge et est de 2,4 % à 18-44 ans et de 47,3 % à 65-74 ans. Si l’HTA est traitée par des médicaments antihypertenseurs, elle est contrôlée (<140/90 mmHg) chez 50,9 % des patients. Le contrôle d’une HTA traitée est meilleur lorsque le sujet est jeune. Il est toujours meilleur chez les femmes et à tous les âges. Une monothérapie pharmacologique est prescrite chez 40,6 %, une bithérapie pharmacologique chez 41,1 %. Chez les sujets ne prenant qu’un seul médicament, une bithérapie fixe est prescrite chez 37,2 %. Le contrôle tensionnel, par une monothérapie pharmacologique, est obtenu chez 25,3 % des hypertendus traités. Lors de non contrôle, la PA est de Grade 1, chez 34,6 % de la population des traités.

Lettre n° 1 – NOVEMBRE 2009


Parole d’expert


L’hypertension en Guadeloupe : quatre questions au P r Thierry Lang


La FRHTA vous a octroyé son soutien, pouvez-vous décrire le projet de recherche?
Thierry Lang : Il s’agit de préciser la fréquence de l’HTA et d’évaluer son contrôle sous traitement sur un échantillon représentatif de la population guadeloupéenne. CONSANT est une étude transversale portant sur 1005 personnes (54 % de femmes) âgées de 25 à 74 ans. La pression artérielle (PA) a été mesurée avec un appareil automatique (Omron M5-1) lors d’une visite à domicile. L’HTA est définie comme la présence d’un traitement hypotenseur et/ou d’une PA supérieure ou égale à 140/90 mmHg.

En quoi la situation en Guadeloupe est-elle spécifique par rapport à la métropole ?
Thierry Lang : L’HTA fait partie des priorités de santé publique en Guadeloupe. Néanmoins, l’absence de mesures antérieures comparables ne permet pas d’évaluer l’évolution du niveau de PA. Concernant le dépistage et la prise en charge de l’HTA, de réels progrès ont été réalisés en Guadeloupe. Cette étude nous a permis de constater que la prévalence de l’HTA est de 33 % chez les hommes et 37 % chez les femmes, et pour l’hypertension modérée/sévère (PA ≥ 160/100 mmHg) la prévalence est de 21 % chez les hommes et 30 % chez les femmes (p = 0,02). Elle augmente en fonction de l’âge et atteint 61 et 74 % chez les hommes et femmes âgés de 65-74 ans respectivement. Parmi ceux qui se déclarent hypertendus, 91 % de femmes et 82 % d’hommes prenant un traitement hypotenseur. Parmi les personnes traitées, 47 %des hommes et 60 % des femmes ont une PA correctement contrôlée. La prévalence plus élevée de l’hypertension chez les femmes est une particularité spécifique à la Guadeloupe, comparée à la France métropolitaine. L’obésité est un facteur de risque.
La prévalence du surpoids en Guadeloupe est de 37 % chez les hommes et 34 % chez les femmes, celle de l’obésité de 14 et 31 % respectivement. Après ajustement sur l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’études, l’activité physique, les consommations d’alcool et de tabac, le facteur le plus fortement associé à l’HTA était l’indice de masse corporelle (IMC). Chez les hommes obèses, la prévalence de l’HTA est trois fois plus élevée comparée au groupe avec IMC normal. Chez les femmes, la même tendance est notée. Il y a une association entre le niveau d’éducation et l’hypertension, après ajustement.

Quelle est la retombée pratique de cette recherche ?
Thierry Lang : Ces résultats suggèrent de recommander le développement de stratégies spécifiques aux hommes et aux femmes. La connaissance, le traitement et le contrôle de l’hypertension artérielle chez les hommes sont faibles par rapport aux femmes, suggérant que les ressources devraient cibler le suivi et l’accès secondaire des hommes hypertendus. Les femmes ont un taux élevé d’hypertension, mais leur connaissance, le contrôle et le traitement sont élevés. Chez les femmes, une politique de prévention intervenant sur la nutrition serait plus adaptée, compte tenu du rôle majeur de l’obésité.

En quoi le soutien de la FRHTA, vous permet-il d’avancer ?
Thierry Lang : Le soutien nous a permis de mettre en place l’étude et de financer les analyses épidémiologiques. Concrètement, les fonds ont essentiellement servi au financement d’une post-doctorante.
Un article sur ces résultats est soumis à la revue European Journal of Public Health.


Dates clés

  • 2006 Mise en place de la fondation et définition des actions pour le soutien d’activités de recherche sur l’hypertension artérielle et les maladies associées.
  • 2007 Lance ment du premier appel à projets de recherche sur les thématiques « HTA secondaire » et « HTA et cerveau ». Huit projets retenus et soutenus.
  • 2008 Lancement du second appel à projets de recherche sur les thématiques « HTA et nutrition » « HTA et cœur ». Appel à projets pour fédérer un ou plusieurs registres sur l’HTA. Collaborations scientifiques avec l’InVS — pour exploiter les données de l’ENNS — avec les promoteurs de la cohorte CONSTANCES — dans l’objectif de constituer un panel de population générale pour étudier et approfondir les connaissances des déterminants de l’HTA (Programme SOPHY).

 
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