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Prescription d’AINS chez un patient hypertendu traité : prudence !

du 15/07/2013

Prescription d’AINS chez un patient hypertendu traité : prudence



Il arrive de devoir prescrire un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) à un patient hypertendu traité et certains sont également accessibles en automédication. Un risque de néphropathie aiguë est évoqué en cas d’association avec les diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II).

Une étude canadienne, rétrospective, de type cas-contrôle s’est récemment intéressée au risque de néphropathie aiguë de ces associations médicamenteuses. Il n’existait jusqu’à présent dans la littérature qu’une seule étude observationnelle sur le sujet. Les auteurs se sont servi d’une base de données de près de 500000 patients hypertendus traités. Au cours du suivi d’environ 6 ans, 2215 cas d’insuffisance rénale aiguë (IRA) sont survenus (incidence de 7 pour 10000 personnes par années).

Quels sont les constats des auteurs ?

L’association d’un seul anti-hypertenseur (diurétique ou IEC ou ARA II) à un AINS n’augmente pas le risque d’IRA ;

L’association d’une bithérapie anti-hypertensive à un AINS est associée à une augmentation du risque d’IRA de 31% (1,31 [1,1-1,53]), survenant en grande partie dans les 30 premiers jours d’association (augmentation du risque de 82%) ;

Le risque d’IRA tend à être supérieur quand la bithérapie anti-hypertensive est associée à un AINS à longue durée d’action.

Certaines limites sont à relever comme l’exclusion des IRA survenues chez les patients hospitalisés pour un autre motif, l’absence de prise en compte de l’exposition à des produits de contraste iodés ou d’autres molécules néphrotoxiques et la faible représentation des patients souffrant d’arthrose (n=126) chez qui les résultats ne sont pas significatifs.

En pratique, malgré un risque relatif relativement faible d’IRA :

  • - Informons-nous nos patients hypertendus ou insuffisants cardiaques souvent âgés et polymédiqués sur le risque de prise d’AINS ?
  • - Privilégions-nous des traitements antalgiques non néphrotoxiques ou des cures courtes d’AINS à demi-vie courte ?
  • - En cas d’association à risque indispensable, surveillons-nous la fonction rénale de façon attentive et devons-nous envisager une modification du traitement anti-hypertenseur en cours ?

Référence :

  • Lapi F et coll. : Concurrent use of diuretics, angiotensin converting enzyme inhibitors, and angiotensin receptor blockers with non-steroidal anti-inflammatory drugs and risk of acute kidney injury : nested case-control study. BMJ 2013 ;346 :e8525

Dernière modification 27/03/2014

 
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